BOZO POTOCNIK, prof. né a Zagreb, le 19 juillet 1932, musicien, chef d'orchestre, compositeur et pédagogue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    • 15 années passées chez «Lado », toujours collaborateur
    • 25 ans de folklore a la Télévision de Zagreb
    • 30 ans de « Ladarice "
    • 60 ans de musique, de direction d'orchestre, de composition, de pédagogie,
      en Croatie et parmi les immigrés croates dans le monde
    • 20 ans de direction de l'ensemble « Tresnjevka »
    • 800 transcriptions de chansons populaires croates
    • Membre de l'association des compositeurs croates
    • A reçu un nombre incalculable de distinctions pour son travail
    • Médaillé par le Président de la République Croate


 

Il m'a fallu des semaines pour que je me décide a écrire quelques mots sur Bozo Potocnik. J'ai du mal a cause de l'importance qu'a cet homme pour moi et j'aimerais que ces mots refletent cette importance, ce qui n'est pas facile a faire, sauf peut-etre dans des moments particuliers, des moments de bien-etre intérieur. Ce moment n'est pas encore arrivé, mais j'ai compris que je devrais peut-etre attendre trop longtemps, donc voici :

Subjectivement 

Je peux affirmer que Bozo est un exemple pour moi, depuis le tout début de mon travail de directeur musical d'ensemble folklorique, il y a 20 ans déja. Chaque fois que, musicalement, je suis confronté a une situation difficile, je pense a ce que lui ferait pour résoudre le probleme. Parfois, je le contacte par mail ou par téléphone pour avoir un conseil ; je sais que je recevrai chaque fois une réponse adéquate. Et je ne suis pas le seul a le contacter, d'autres le font aussi…

Qu'il s'agisse de musique proprement dite, de la façon d'utiliser la Tambura, de diriger, de former un son cohérent pour l'orchestre, tout cela je l'ai appris indirectement a partir des arrangements qu'il a écrits et en écoutant attentivement tout ce qui a été publié car je n'ai pas eu la chance d'etre un de ses éleves. Je me réfere a ses principes quand se pose la question de savoir jusqu'ou je peux aller dans l'arrangement musical de certaines pieces folkloriques, sans dénaturer leur origine, tout en gardant une valeur scénique attractive pour les spectateurs. Cette juste balance n'est pas facile a trouver. Je pense que ceux qui, parfois, me taquinent au sujet de la ressemblance de mes arrangements avec ceux de Bozo comprendront maintenant pourquoi il en est ainsi, c'est une des raisons qui m'ont poussé a écrire ce texte. Si Bozo n'avait pas existé, je ne sais pas quel musicien de tambura j'aurais été.

Objectivement

Bozo Potocnik est un des hommes clé dans le développement de la tambura, il est un des rares sur qui on peut compter quand il s'agit de défendre la dignité de la musique et des musiciens de tambura, lorsque les mauvaises langues prétendent qu'il ne s'agit que d'une musique de bistrot. La notion de « moralité verticale » peut s'appliquer ici et, il est rare de rencontrer des gens qui ont appliqué ce type de comportement dans le domaine de la musique, du moins sans ironie. Quand quelqu'un passe sa vie dans le domaine de la tambura dans tous ses aspects, que ce soit au niveau de la représentation publique, dans son développement, dans l'éducation, dans l'apprentissage des débutants, en passant par la collaboration avec les meilleurs interpretes, tout en élevant sans cesse le niveau de qualité, sans enrichissement financier quelconque, on peut sérieusement parler de moralité verticale. J'aimerais ajouter ceci qui, pour moi, est tres important : nous sommes tous conscients du développement agressif d'un certain type de musique venant de nos frontieres orientales. C'est un sujet de débat constant parmi nous. Des personnes en sont déja venues a s'entretuer ( au sens propre du terme ) a causes de ces discussions incendiaires. Ces faits nous sont connus. Avant la guerre, un autre élément entrait en compte dans ces discussions : tous ceux qui n'acceptaient pas cette « musique venue de l'est », était considéré comme traître a la patrie, comme opposant a cette « unité et fraternité » chere a la politique de Tito. Plus votre situation professionnelle était importante et plus vos chances d'etre considéré comme traître en cas d'insoumission étaient grandes. Bozo Potocnik était justement a un de ces postes. En effet, il était directeur musical, section folklore, a la télévision de Zagreb. Je n'ai pas plus de détails, mais je sais que, jamais, la TV de Zagreb n'a diffusé un clip, un film ou autre reportage de turbo-folk ( ou de son équivalent a cette époque la ), ou bien encore un quelconque reportage ou concert d'une star de cette musique « nouvellement composée » sur le style folk. Ceci grâce a Bozo Potocnik. Je suis heureux de constater que les successeurs de Potocnik ont heureusement conservé ces bonnes habitudes. J'ose espérer que cet héritage sera préservé. Il a prouvé par ses actes, par son comportement envers la musique, par sa façon d'etre envers les musiciens de tambura, qu'il a toujours été du côté de ce qu'on appelle la dignité. On peut sans hésiter parler ici de morale verticale.
Voila, chers tamburasi, chaque fois que quelqu'un vous dit que « primitif » rime avec « tamburas » ou avec « tambura », penser a Bozo Potocnik et a cette dignité qu'il est possible d'atteindre. Si Potocnik n'avait pas existé, qui sait ce que nous serions aujourd'huit.

Autre chose 

Tous les détails concernant Bozo Potocnik peuvent etre trouvés sur internet. Tapez ce nom, vous obtiendrez une tonne d'informations. Les chanteuses et danseuses de Lado portent encore le nom de « Ladarice » et elles le portent avec fierté. C'est devenu une marque de fabrique renommée, non sans raison. On le doit également a Bozo Potocnik. C'est lui qui a créé l'ensemble vocal Ladarice du temps ou lui-meme était musicien chez Lado. Il a fait de ces danseuses-chanteuses un groupe vocal indépendant, portant la griffe Potocnik. Son épouse Andela faisait partie de ce groupe ; elle en était la soliste principale. C'est elle qui représentait le mieux la « couleur », la « patte » Potocnik. Les Ladarice ont donné beaucoup de concerts en-dehors de leur groupe originel, elles ont sorti plusieurs albums, elles ont participé a beaucoup de festivals, tous genres confondus. Je me rappelle notamment de l'arrangement et de l'exécution remarquables de « Dok sunce sja, tad citav svijet za srecu zna ». Les Ladarice suscitaient l'admiration lors de chacune de leurs apparitions ( « Regarde, maman, les Ladarice » s ‘écriaient les enfants quand ils les voyaient dans leur habit folklorique ). Elles suscitaient aussi l'admiration des musiciens professionnels qui ne manquaient pas de faire appel a leur talent ( par exemple Goran Bregovic ). Aujourd'hui encore, les chanteuses et danseuses de l'ensemble Lado portent avec fierté le nom de Ladarice. Je constate que beaucoup de danseuses et chanteuses de groupes folklorique amateurs dans notre ville de Zagreb revent un jour de devenir des « Ladarice », 40 ans apres la création de ce groupe mythique ! Cela s'appelle un projet mené a bien ! Toutes mes félicitations a Bozo. Je suis content que le maître Bozo se rend souvent chez Lado ou il y a un groupe de tamburasi de haut niveau. Il peut y développer de nouvelles idées et encore améliorer ses anciens arrangements. Les membres de l'orchestre amateur de tambura « Tresnjevka » profitent également de tout son savoir.

Pour terminer, il est assez extraordinaire que je n'ai jamais entendu dire du mal de Bozo Potocnik, de cet homme extraordinaire, jamais une critique, jamais un mot déplacé. C'est rare. Il faut pouvoir arriver a cela. Les gens parlent de lui avec admiration, avec juste ce qu'il faut de jalousie positive…

Mario Plese

 

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